Un été

Grass and beez

“L’été est une saison qui a un goût de passé ; qu’on peut comprendre comme le verbe “être” à l’imparfait.

Pourtant, c’était parfait, ou presque.
Son été est un temps suspendu pendant lequel elle sent se profiler au présent et au futur de nouvelles épreuves : le corps et le mental résistent solidement, mais quelle tristesse ! Le premier répond par la discipline quand l’autre s’embrouille la plupart du temps en dehors des moments où l’esprit s’évade.

Les yeux mouillés dans l’absence estivale et la multitude des déceptions, les traits se tirent, l’âge avance mais ne recule pas. La vue troublée de près comme de loin, devant les mêmes interrogations, répétitives, elle voit le regard vers le futur et l’écrira un autre été ; mais pas encore celui-là. A cet instant précis, elle conjuguera l’été au présent.”
Août 2016 ©

Or Anges

Or ange

Le téléphone sonne, la lampe éclaire un miroir qui réfléchit.

Qui réfléchit : le miroir ou le reflet ? Un reflet qui réfléchit dans un miroir, cela fait beaucoup de réflexions tout de même.

Pourtant, ne vous y êtes-vous jamais laissés prendre ? S’arrêter sur son reflet à l’instant d’une pensée ; dans un miroir exposé sur un étal de brocante à Paris qui s’illumine et se réchauffe doucement en ce début d’après-midi d’avril.

Munis de nos petites boîtes, nous immortalisons les choses remarquables et les émotions, nous ne réfléchissons pas encore, nous plaisantons, nous rions, nous marchons et lorsque nous nous arrêtons, nous nous regardons sans biais.
Nous nous arrêtons devant ce miroir qui rend le monde plus grand, double. Ce qui se trouve derrière apparaît devant nous aussi ; le monde infini et grand tel qu’il y paraît.

Une main, la mienne peut-être, s’approche d’une petite boîte dans laquelle se trouvent des morceaux de bijoux, des billes, des boutons de chemise et d’autres objets dont il est difficile d’identifier l’usage qu’ils ont pu avoir. Mais ils sont là, une seconde vie leur est offerte.
Cette main, cette boîte, ce miroir, nous ne nous souvenons plus très bien car le temps éloigne jour après jour cet instant. Mais restent la couleur orange et le petit carnet bleu.”
2012 ©