La mécanique rouillée

La mécanique

La recherche du crayon…
Sous les papiers éparpillés sur la table, sous l’ordinateur qui diffuse une musique mélancolique, sous les livres en allemand, sous les journaux… elle palpe tous les endroits recouverts de la table à la recherche du stylo, un crayon. N’importe lequel, pour peu qu’il reste de l’encre. Ancrer quelques mots sur son carnet avant que l’ordre des mots ne s’efface de sa mémoire.
L’idée plantée dans son imagination, germe !

Juste à temps, elle le sent sous les feuilles de brouillon. L’excitation était à son pic. Elle n’aura même pas remarqué qu’un pot à crayons se tenait au milieu de cette nappe de papiers.
L’idée est là !

En fond sonore la voix caverneuse du chanteur, avec qui elle fredonne, elle a retrouvé ce stylo. Celui qu’elle avait laissé là, elle s’en souvient maintenant. Elle l’agite sur le carnet à spirales. La main droite pique, tape précisément en plusieurs points de suspension le papier, à la recherche du mot exact, puis elle raye, réécrit la même chose, ou pas tout à fait, avec une nuance. L’idée se dessine et fleurit !

Quand la mine du crayon danse sur les lignes du papier, c’est la mécanique qui se dérouille, c’est le réconfort qui lui donne bonne mine. L’encre huile la mécanique rouillée pour les quelques jours à venir, jusqu’à la prochaine floraison d’idées.
L’idée a fané sur le papier…
Octobre 2016 ©