Le temps qu’il fait – Il tempo

Le temps qu'il fait

Il aime cette pluie de printemps fouettée par le vent.
Elle laisse à travers les nuages qu’elle perce, passer les rayons de soleil réconfortants sur le sol en bois de cette pièce où il se trouve depuis trois jours. Seul, ses mains caressent le papier à la recherche d’une douceur.
Cette pluie éclaire la vue après être passée. Elle détraque les nuages qui s’agitent dans tous les sens du vent : la lumière puis l’ombre et de nouveau la lumière.
Entre les immeubles, les arbres agitent leurs feuilles, leurs branches comme s’ils voulaient attraper les nuages ou sortir de leur carcan de béton.
Cette pluie c’est celle-ci, la même qui lui fait entendre un téléphone sonner sur un appel attendu ou une porte s’ouvrir sur une personne attendue. Au fil des heures, la personne se fait de moins en moins attendre…
Les nuages dansent autour de la grue qu’il regarde par la baie vitrée en face de lui. Cette grue, installée sur un chantier urbain, en bord de rue, qui construit du dur, du solide. Il faut que ça tienne. Il faut que ça se construise vite et pas trop mal, à défaut d’être bien.”
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